Le Bundestag a adopté un dispositif de retraite par capitalisation destiné aux enfants. L’État allemand versera 10 euros par mois pour chaque bénéficiaire âgé de 6 à 18 ans sur un compte individuel investi sur les marchés financiers. Les parents ou grands-parents pourront compléter cette somme. Lorsqu’aucun compte individuel ne sera ouvert, les versements seront placés dans un véhicule collectif géré par la Bundesbank.

Sur douze années, la contribution publique nominale atteindra 1 440 euros. Le ministre des Finances Lars Klingbeil estime que ce capital pourrait représenter environ 53 000 euros à 65 ans. Cette projection suppose toutefois un rendement annuel moyen de 7 %. À 18 ans, les seuls versements publics capitalisés représenteraient environ 2 200 euros, qui resteraient ensuite investis jusqu’à l’âge de la retraite. Si la famille ajoute 20 euros par mois, le montant final avancé pourrait approcher 160 000 euros.

Ces chiffres doivent être lus en euros futurs. Avec une inflation moyenne de 2 %, 53 000 euros à l’échéance correspondraient à un pouvoir d’achat proche de 20 000 euros actuels. Le résultat réel dépendra aussi des frais, du profil de risque et de la régularité des placements. Le coût budgétaire du programme est évalué à 198 millions d’euros en 2027, puis 411 millions en 2030.

Le dispositif commencera avec les enfants nés en 2020 et sera rétroactif au 1er janvier 2026. Les Verts et Die Linke ont critiqué un mécanisme susceptible d’accentuer les écarts entre familles capables ou non d’ajouter des versements privés, tandis que l’AfD s’est abstenue.

Pour les investisseurs, la réforme illustre un déplacement progressif vers l’épargne longue et l’investissement en actions pour compléter les retraites publiques. À grande échelle, elle peut élargir la culture financière et fournir des flux réguliers aux marchés. Son effet macroéconomique initial restera toutefois limité au regard de la petite contribution mensuelle et de la montée en charge graduelle.