Les puces de Potchaïna, institution populaire de Kiev, ont été gravement endommagées par une frappe de missile russe dans la nuit du 30 juillet, qui a provoqué un incendie détruisant kiosques et inventaires. Il s’agit de la troisième attaque sur ce marché depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. Les marchands louaient jusque-là des cabines ou petits conteneurs métalliques et voyaient aussi se développer une activité de vendeurs à la sauvette.

Parmi les commerçants, Vadym, 73 ans, parcourt la place parmi les éclats de verre et de porcelaine, tenant un morceau de vélo et évoquant la perte d’objets de valeur comme des vinyles et autographes réduits en cendres. Svitlana, 63 ans, spécialisée dans les sacs et la vaisselle vintage, raconte avoir déjà perdu la moitié de son stock lors d’une frappe précédente; le dernier incendie lui a laissé de « flaques de verre fondu ». Dix jours après l’attaque, l’odeur de plastique et de métal brûlé persiste au-dessus des décombres.

Malgré les destructions, quelques étals de fortune subsistent: tomates, fromages, charcuteries ou quelques pièces vintage disposées sur des tables en plastique, parfois achetées grâce à des dons. Oleksandr note une fréquentation « dix fois moindre » qu’avant, la priorité des clients étant désormais la nourriture. Victoria, 36 ans, découvre le site pour la première fois et témoigne de l’impact économique sur les vendeurs indépendants, dont beaucoup n’ont pas de salaire fixe.

Les puces de Potchaïna font partie d’un bilan plus large: au moins six marchés couverts à Kiev ont été endommagés ou détruits depuis 2022 selon un décompte de l’AFP. Les commerçants ont déposé des déclarations pour demander réparation à la Russie, mais n’espèrent pas de reconstruction avant la fin du conflit, et la diminution des revenus rend la reprise difficile.