La vague d'investissements dans l'intelligence artificielle continue d'alimenter l'activité d'ABB. Au troisième trimestre, le groupe industriel suisse a enregistré une forte demande pour ses solutions d'électrification et d'automatisation, notamment les systèmes de distribution d'énergie et de refroidissement utilisés dans les centres de données.
Le résultat opérationnel avant intérêts, impôts et amortissements a augmenté de 24 % pour atteindre 2,03 milliards de dollars, soit environ 1,81 milliard d'euros. Ce montant dépasse légèrement les 2,0 milliards de dollars attendus en moyenne par les analystes. Le chiffre d'affaires a progressé de 14 % à 9,70 milliards de dollars, un niveau très proche mais légèrement inférieur au consensus de 9,74 milliards communiqué par l'entreprise.
Le signal le plus marquant vient des commandes de produits destinés aux centres de données. Elles ont augmenté à un rythme à trois chiffres au troisième trimestre, prolongeant la dynamique déjà observée au trimestre précédent. Cette accélération illustre les besoins considérables en infrastructure électrique créés par la construction de nouvelles capacités informatiques : au-delà des processeurs, chaque site nécessite des équipements de distribution, de protection, de contrôle et de refroidissement.
Pour les investisseurs, ABB offre ainsi une exposition indirecte aux dépenses d'intelligence artificielle, avec un profil différent de celui des fabricants de semi-conducteurs. Le groupe profite de la dimension physique de cette expansion, mais il n'est pas immunisé contre un ralentissement. Si les exploitants de centres de données révisaient leurs projets ou si les gains économiques attendus de l'IA tardaient à se concrétiser, la croissance des commandes pourrait se normaliser.
La lecture du trimestre reste néanmoins favorable : l'amélioration du résultat opérationnel est nettement plus rapide que celle du chiffre d'affaires, et la demande liée aux centres de données demeure robuste. La suite dépendra de la conversion des commandes en revenus, de la capacité à préserver les marges et de l'évolution des autres marchés industriels, qui peuvent être moins dynamiques que l'infrastructure numérique.


