Le navire de recherche et de sauvetage d’Médecins Sans Frontières, l'Oyvon, opère en Méditerranée centrale et a secouru 18 personnes en détresse au sein de la zone de responsabilité maltaise. Les rescapés, majoritairement érythréens, étaient à la dérive depuis plus de 24 heures ; douze d’entre eux étaient des mineurs non accompagnés. Ils ont été débarqués le 1er septembre à Trapani, port de sécurité désigné par l'Italie.
MSF rappelle que la traversée centrale reste l'une des plus meurtrières : selon l'Organisation internationale pour les migrations, plus de 35 000 personnes ont été recensées comme décédées ou disparues en Méditerranée depuis 2015, un total que l'ONG considère comme probablement sous-estimé. L'ONG souligne aussi la violence subie par les personnes exilées, sur terre et en mer, y compris lors d'interceptions par des garde-côtes libyens ou tunisiens.
L'organisation critique l'externalisation par des États européens du contrôle migratoire à des pays tiers, en finançant et en équipant des garde-côtes chargés d'intercepter et parfois de renvoyer des embarcations. MSF affirme que plusieurs rescapés avaient déjà été interceptés puis renvoyés en Libye, pays qu'elle qualifie d'insécurisé, exposant ainsi ces personnes à des détentions arbitraires, tortures, extorsions et autres violations graves des droits humains.
Malgré plus de 94 000 personnes secourues par MSF en Méditerranée centrale depuis 2015, l'ONG alerte sur la réduction de l'espace d'intervention humanitaire et sur les harcèlements subis par les navires de sauvetage, y compris intimidations et attaques armées. MSF appelle à cesser les pratiques qui restreignent les capacités de sauvetage et à respecter le principe de non-refoulement.
