Le 31 juillet 2026, le Département d’État a officialisé la transformation du programme pilote de caution de visa, lancé en août 2025, en règle permanente. Les agents consulaires peuvent désormais exiger une caution de 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars pour les visas non‑immigrants B1 (affaires) et B2 (tourisme), le plafond ayant été relevé de 15 000 à 20 000 dollars.

Sur les 50 pays ciblés par la mesure, 30 sont africains, parmi lesquels l’Algérie, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, la Tunisie, l’Éthiopie, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe. Le Département d’État justifie la règle par des « taux élevés de dépassement de séjour » et des lacunes en matière de vérification d’identité et de partage d’informations ; la règle s’inscrit dans le cadre de l’Executive Order 14159.

Les chiffres du pilote sont révélateurs : en 2024, 45 488 visiteurs originaires des 50 pays du programme avaient dépassé leur durée autorisée. Pendant les dix premiers mois du pilote, ce chiffre est tombé à moins de 50. Mais le coût humain et économique est important : le nombre de visas B1/B2 délivrés aux ressortissants des pays concernés a chuté de 83 % entre août 2025 et juillet 2026, près de la moitié des 20 000 demandeurs ont renoncé à payer la caution, et 115 millions de dollars ont été perçus pendant la phase pilote.

Les critiques dénoncent une mesure discriminatoire qui, selon des défenseurs des droits civiques, porte atteinte aux libertés et encourage le profilage racial. Le contraste est pointé avec le Programme d’exemption de visa (VWP) : le taux de dépassement pour les pays VWP est de 0,44 % contre 2,06 % pour les pays non‑VWP, soulignant une logique à deux vitesses dans l’accès au territoire américain.

Concrètement, pour des étudiants, hommes d’affaires ou familles, avancer jusqu’à 20 000 dollars — soit plus de 12 millions de FCFA selon la source — rend beaucoup de déplacements vers les États‑Unis pratiquement impossibles et risque de réduire les opportunités d’éducation, de commerce et de mobilité pour des millions d’Africains.