Jefferies devient plus prudent sur Air Canada. Le bureau d’études a abaissé sa recommandation de « conserver » à « sous-performance » et réduit son objectif de cours de 26 à 19 dollars canadiens. Peu avant 17 heures, l’action reculait de 4,1 % à Toronto, autour de 21 dollars canadiens.
La principale inquiétude concerne la capacité de la compagnie à maintenir des tarifs élevés en 2027. La concurrence domestique s’intensifie avec la montée en puissance des transporteurs à bas coûts Flair et Porter. Air Canada a parallèlement perdu huit points de part de marché au Canada depuis 2019, pour revenir à 46 %. Cette évolution peut réduire son pouvoir de fixation des prix, surtout si les concurrents continuent d’ajouter des capacités.
Jefferies souligne aussi une situation moins favorable pour le consommateur canadien que pour son homologue américain. La dégradation du marché de l’emploi et une création de richesse moins dynamique pourraient peser sur la demande de voyages. Dans un secteur où une faible variation des tarifs ou du taux de remplissage peut fortement affecter la rentabilité, ce contexte accroît le risque sur les marges.
L’analyste prévoit une croissance des revenus unitaires de seulement 0,2 % en 2027, contre 1,8 % pour les quatre principales compagnies américaines. Son estimation d’EBITDA s’établit à 3,3 milliards de dollars canadiens, sous le consensus de 3,6 milliards. L’écart de 300 millions traduit une anticipation plus prudente sur les prix, la demande ou les coûts opérationnels.
Jefferies préfère désormais Delta Air Lines et United Airlines dans le secteur. Pour l’investisseur, le dossier Air Canada dépendra de la capacité du groupe à stabiliser sa part de marché sans multiplier les promotions, tout en protégeant ses marges face à un environnement macroéconomique canadien plus fragile.


