Airbus a publié un troisième trimestre contrasté, marqué par des livraisons encore insuffisantes mais un bénéfice en hausse. Le chiffre d'affaires a reculé de 2 % sur un an, à 17,5 milliards d'euros. Le bénéfice net a néanmoins progressé de 20 %, à 1,3 milliard d'euros.
Depuis le début de l'année, l'avionneur a livré 547 appareils, contre 507 un an plus tôt. Il maintient pourtant son objectif de 870 avions commerciaux en 2026, un niveau qui dépasserait le précédent record de 863 appareils atteint en 2019. Pour y parvenir, Airbus devra donc accélérer fortement au quatrième trimestre.
Cette concentration des livraisons en fin d'année est habituelle dans l'aéronautique, mais elle augmente le risque opérationnel. Les compagnies aériennes versent généralement la majeure partie du prix lorsqu'elles prennent possession de l'appareil. Le calendrier des livraisons influence ainsi directement le chiffre d'affaires et la génération de trésorerie.
Airbus vise environ 4,5 milliards d'euros de flux de trésorerie disponible avant financement des clients sur l'ensemble de l'année. Après neuf mois, ce solde était encore négatif de 1,3 milliard. L'atteinte de l'objectif suppose donc un fort retournement de trésorerie au dernier trimestre, parallèlement à l'accélération des remises d'avions.
Le groupe affirme que la grande majorité des appareils restant à livrer se trouve déjà en assemblage final. Cet élément soutient la confiance de la direction. Les difficultés de moteurs Pratt & Whitney, qui avaient freiné certaines versions de la famille A320neo en début d'année, se sont améliorées au deuxième trimestre. Les livraisons d'A330 ont également été perturbées pendant plusieurs mois après la découverte d'un outil oublié dans un appareil, sans conséquence sur la sécurité.
Pour l'investisseur, le maintien des objectifs est rassurant, mais il place la barre très haut. Toute nouvelle perturbation de la chaîne d'approvisionnement, des opérations internes ou du commerce mondial pourrait décaler des livraisons et peser sur la trésorerie. Le groupe précise d'ailleurs que ses prévisions reposent sur l'absence de nouvelle perturbation majeure.
Le carnet de commandes et la demande structurelle restent des atouts, mais la publication se joue désormais sur l'exécution. Il faudra suivre chaque mois le rythme des livraisons, la disponibilité des moteurs et la conversion de la production en encaissements. Le bénéfice trimestriel progresse, mais la réussite de l'exercice dépend surtout de la capacité à réaliser un quatrième trimestre exceptionnel sans compromettre la qualité.



