Alstom se dirigeait vendredi vers une troisième séance consécutive de baisse. Peu après 15 heures, le titre reculait de 0,92 % à 15,64 euros. UBS maintient une recommandation neutre, mais ramène son objectif de cours de 24 à 18 euros.
La banque reconnaît un potentiel lié à la valorisation, tout en mettant l’accent sur deux fragilités : la progression des marges et la génération de trésorerie à court terme. Elle réduit d’environ 15 % en moyenne ses estimations d’EBITA ajusté pour les exercices 2027 à 2029. Cette révision reflète le nouvel objectif de marge à court terme de 6,5 %, qui a remplacé une ambition précédente comprise entre 8 % et 10 %. UBS juge ce niveau de 6,5 % lui-même encore exposé à des risques.
Le principal catalyseur identifié concerne le Coradia Max en Allemagne. L’homologation de ce train à deux niveaux pourrait débloquer des contrats d’une valeur totale supérieure à 3 milliards d’euros selon UBS. Elle favoriserait alors la reconnaissance du chiffre d’affaires, les résultats et les flux de trésorerie, trois éléments essentiels pour restaurer la confiance.
Pour le deuxième trimestre de l’exercice 2026-2027, UBS prévoit 8,8 milliards d’euros de commandes, grâce aux grands contrats annoncés et à environ 2 milliards d’euros de commandes courantes. Cette estimation dépasse de 20 % le consensus cité par la banque, qui n’intégrerait pas encore complètement les contrats majeurs.
Le dossier présente donc un contraste entre la solidité potentielle du carnet et une rentabilité moins élevée qu’espéré. Pour les investisseurs, la quantité de commandes ne suffira pas : leur conversion en marge et en trésorerie sera déterminante. L’homologation allemande peut constituer un déclencheur, mais tout retard prolongerait la pression sur le titre.


