La débâcle de Credit Suisse et son rachat par UBS en 2023, suivi de la disparition officielle de la marque en juillet 2024, ont servi de catalyseur pour un paquet de réformes destiné à sécuriser la place financière helvétique. Le Conseil fédéral met en consultation des mesures visant à renforcer les exigences de gouvernance d’entreprise et à préparer les banques à faire face à des crises, avec pour objectif affiché de réduire les risques systémiques et de protéger l’économie et les contribuables.

Un volet important proposé consiste à rendre possible le blocage ou la restitution des bonus des « dirigeants les mieux rémunérés ou percevant des rémunérations très élevées » au sein des banques d’importance systémique lorsque sont constatées des infractions aux règles ou une mauvaise gestion. La ministre des Finances, Karin Keller‑Sutter, insiste sur une rémunération « axée sur le profit à long terme », l’idée étant de limiter les incitations à la prise de risque court terme.

Le projet prévoit aussi d’accroître les pouvoirs de la Finma, l’autorité de surveillance des marchés financiers, afin d’augmenter la résilience et la confiance dans la place financière. Le Conseil fédéral évoque la possibilité d’un soutien financier de la banque centrale pour aider les banques en difficulté à faire face à une crise, tout en reconnaissant qu’on ne peut « éliminer absolument chaque risque ».

Sur le terrain opérationnel et politique, UBS, qui avait payé 3 milliards de francs suisses pour l’acquisition, s’oppose à certains durcissements, notamment ceux relatifs aux fonds propres exigés pour ses filiales à l’étranger. D’autres volets réglementaires doivent encore être débattus au Parlement, où seront tranchées les modalités finales des mesures proposées.