American Metal a franchi une étape administrative dans son projet d’exploration minière des fonds marins. La NOAA, l’agence américaine chargée des océans et de l’atmosphère, a validé la recevabilité de deux demandes déposées par les filiales SeaX et American Metal Resources. Elles concernent une zone de 104 000 miles carrés, soit environ 270 000 km², dans la zone Clarion-Clipperton du Pacifique, en eaux internationales.
Cette région contient des nodules polymétalliques, des formations rocheuses riches en nickel, cuivre, cobalt et manganèse. Ces métaux sont recherchés pour les batteries, les réseaux électriques et plusieurs technologies industrielles. L’acceptation des dossiers ne vaut toutefois pas autorisation d’explorer : la NOAA doit désormais réaliser une étude environnementale, susceptible d’inclure une audience publique. La procédure pourrait ne pas être achevée avant l’année prochaine.
Une licence d’exploration permettrait à American Metal de cartographier les ressources et d’identifier les secteurs sur lesquels une demande d’exploitation commerciale pourrait ensuite être déposée. L’entreprise avait la possibilité de solliciter simultanément les deux types de permis, mais elle a choisi de ne pas demander immédiatement l’autorisation commerciale, faute de données suffisantes sur les fonds marins. Son directeur général, David Ruddell, vise néanmoins un permis d’exploitation dans un délai de trois ans.
Le dossier comporte aussi une dimension juridique internationale. L’administration américaine s’appuie sur une loi de 1980 pour instruire des permis relatifs aux fonds marins internationaux, une approche qui entre en tension avec le rôle de l’Autorité internationale des fonds marins, organisme lié aux Nations unies.
Pour les investisseurs, le potentiel stratégique des métaux critiques doit être mis en balance avec un calendrier réglementaire long, des coûts d’exploration élevés et une forte incertitude environnementale. La valeur du projet dépendra autant des données géologiques que de la légitimité juridique des permis et de l’acceptabilité de l’exploitation à grande profondeur.


