Les déclarations américaines de lundi, présentées par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, détaillent un nouveau train de sanctions « secondaires » visant non pas l’Iran directement mais ses partenaires commerciaux dans des secteurs clés : l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime. Bessent n’a pas précisé la date d’entrée en vigueur ni les pays susceptibles d’être ciblés.

La population iranienne réagit par l’inquiétude : des automobilistes et motards font la queue devant les stations‑service de Téhéran, et les autorités ont annoncé une réduction rare des quotas d’essence, assortie de hausses de prix pour tout dépassement. Des témoignages cités indiquent une souffrance diffuse « financièrement à l’aise » ou « démunie », tandis que certains craignent un regain de manifestations au vu de la pression économique et sociale.

Des voix locales et internationales se confrontent : l’économiste Saeed Laylaz rappelle que l’économie iranienne est largement autosuffisante après des décennies d’isolement, mais s’interroge sur la capacité du pays à traiter ses faiblesses internes (corruption, déséquilibres bancaires, inflation). Le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre de l’Économie Ali Madanizadeh affichent une confiance officielle, évoquant notamment un « plan sur deux ans » pour contrer les sanctions, sans en donner le détail.

Sur la scène diplomatique, la Chine condamne les pressions américaines et promet de défendre « fermement » ses intérêts avec l’Iran. Parallèlement, la situation sécuritaire impacte le trafic mondial : le détroit d’Ormuz reste verrouillé depuis six mois par Téhéran, ce qui a contribué à la flambée des prix du pétrole ; mardi le Brent est retombé sous les 90 dollars le baril. Des initiatives régionales émergent, Oman et l’Iran discutant d’un accord‑cadre pour un « couloir temporaire » de navigation et une opération de déminage.

Les risques d’escalade maritime restent réels : l’Organisation maritime internationale a confirmé 68 incidents depuis le début du conflit dans le Golfe, le golfe d’Oman et la mer d’Arabie, et l’UKMTO a recensé 47 attaques. Un pétrolier a par ailleurs été atteint par un « projectile inconnu » au large d’Oman, selon l’agence britannique.