Déléguer son assurance-vie n'est pas synonyme de surperformance
La gestion pilotée permet à un épargnant de confier l'allocation de son assurance-vie à un professionnel ou à un service automatisé. Sur le papier, la promesse est séduisante : une stratégie cohérente avec son niveau de risque, des arbitrages réguliers et moins de décisions à prendre soi-même. Mais l'intérêt économique dépend des résultats nets de frais.
Sur la période 2021 à 2025, les performances annuelles moyennes observées pour différents profils de gestion ressortent à environ 2,41 % pour les profils prudents et 2,27 % pour les profils modérés. Dans le même temps, le rendement moyen cité pour les fonds en euros se situe autour de 2,21 %. L'écart est faible, surtout si l'on tient compte des fluctuations de la partie investie en unités de compte.
Le risque pris doit être suffisamment rémunéré
Un profil prudent contient généralement une forte proportion de supports défensifs, comme le fonds en euros et les obligations. Il reste toutefois susceptible de subir des pertes temporaires si la poche en unités de compte baisse. Un profil modéré accepte davantage de fluctuations pour rechercher un supplément de rendement.
Le problème apparaît lorsque ce supplément est trop faible. Un épargnant qui immobilise son argent sur plusieurs années avec un risque de baisse doit comparer le résultat obtenu avec des solutions plus simples et moins coûteuses, à caractéristiques fiscales et de liquidité comparables.
Les profils équilibrés, offensifs et audacieux affichent des performances moyennes plus élevées sur la période considérée, autour de 3,11 %, 4,34 % et 6,76 % par an respectivement. Cela ne signifie pas que la prise de risque sera toujours récompensée : ces chiffres reflètent un intervalle de marché donné et ne prédisent pas les années futures.
Les frais peuvent absorber une partie du rendement
En assurance-vie, les frais se superposent parfois : frais du contrat, frais des unités de compte et frais supplémentaires de mandat. Deux gestions affichant la même performance brute peuvent produire des rendements nets très différents.
L'utilisation d'ETF permet souvent de limiter une partie des coûts des supports d'investissement. Les acteurs numériques comme Yomoni ou WeSave ont ainsi développé des allocations faisant largement appel à ces fonds indiciels. Mais un portefeuille d'ETF mal adapté au profil de risque peut tout autant décevoir qu'une gestion active coûteuse.
Cinq questions avant de déléguer son épargne
Il faut connaître le coût total annuel, la part maximale investie en unités de compte, les règles de rééquilibrage, la performance après frais sur plusieurs périodes et le risque maximal historiquement observé. Il est également essentiel de vérifier si le mandat peut être modifié ou interrompu sans pénalité particulière.
Un autre point souvent négligé concerne la comparaison : deux profils baptisés « équilibré » peuvent détenir des expositions très différentes. Le nom commercial ne remplace jamais la lecture de l'allocation réelle.
Pour l'épargnant, la meilleure gestion pilotée n'est donc pas nécessairement celle qui publie le rendement le plus impressionnant. C'est celle qui propose un niveau de risque compréhensible, des frais maîtrisés et une stratégie compatible avec l'horizon de son projet patrimonial.
Les rendements indiqués sont historiques et ne garantissent pas les résultats futurs. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.
