La Banque centrale européenne maintient une ligne monétaire restrictive pour ramener durablement l’inflation vers son objectif de 2 %. Christine Lagarde rappelle que la stabilité des prix constitue la mission prioritaire de l’institution. L’inflation atteint actuellement 3,3 % dans la zone euro, un niveau jugé encore trop élevé.

La présidente de la BCE estime que les tensions pourraient durer davantage que prévu. Elle cite notamment les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et les destructions de capacités de raffinage, en particulier en Russie. La hausse des coûts de l’énergie peut ensuite se diffuser à de nombreux biens et services, ce qui complique le retour de l’inflation vers la cible.

Le jeudi 10 septembre, la BCE a relevé de 0,25 point son taux de dépôt pour le porter à 2,5 %, conformément aux anticipations des marchés. L’institution prévoit désormais une inflation de 3 % en 2026, puis de 2,5 % en 2027. Cette trajectoire implique que la normalisation des prix resterait progressive.

La politique commune peut peser plus fortement sur la France, où la croissance est faible et l’inflation moins élevée que dans plusieurs autres pays. Christine Lagarde souligne toutefois que la BCE doit décider pour l’ensemble de la zone euro, sans ajuster ses taux à la situation particulière d’un seul État membre.

Elle appelle parallèlement la France à poursuivre ses réformes structurelles. Parmi les pistes évoquées figurent l’union européenne des marchés de capitaux et la simplification de la réglementation administrative. La politique monétaire peut agir sur l’inflation, mais elle ne remplace pas les mesures destinées à renforcer durablement la croissance et le financement des entreprises.