Des milliers de manifestants se sont rassemblés sur une place de Dacca avant d’entamer une marche vers la grande ville portuaire de Chittagong, première étape d’un tour ponctué de réunions publiques. Les manifestants, agitant des drapeaux et scandant des slogans, reprochent au gouvernement la gestion des pénuries et des hausses tarifaires affectant l’approvisionnement domestique en énergie et engrais.
L’opposition, conduite par l’islamiste Shafiqur Rahman, présente le mouvement comme une action pour « assurer l’approvisionnement de tous en gaz de cuisson » et garantir l’alimentation en électricité des foyers. Akhter Hossen, responsable du Parti national des citoyens (NCP), a accusé l’exécutif d’avoir « échoué à fournir du gaz, de l’électricité et des engrais » tout en réprimant la contestation, en référence à l’arrestation récente d’un étudiant pour des propos jugés insultants envers des responsables gouvernementaux.
Le Bangladesh importe 95% de ses besoins en pétrole et en gaz, une dépendance mise en évidence par les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient depuis fin février. Face à ces tensions d’approvisionnement, le gouvernement a augmenté les prix et rationné carburants, gaz, électricité et engrais, mesures qui alimentent le mécontentement populaire et politique.
La marche constitue la première grande mobilisation ciblant directement le Premier ministre Tarique Rahman depuis sa large victoire aux législatives de février, illustrant une montée de la pression politique sur l’exécutif autour de questions économiques et sociales cruciales.


