Les sacres mondiaux d’Alex Lanier et de la paire Thom Gicquel/Delphine Delrue sont présentés par la Fédération française comme l’aboutissement d’un travail de long terme. Franck Laurent, président de la FFBad, et le DTN Cyrille Gombrowicz soulignent une structuration progressive débutée il y a plus de 25 ans : création d’Écoles françaises de badminton (EFB) dans les années 2000, multiplication des postes d’entraîneurs dans la décennie suivante et recours à des techniciens étrangers depuis environ 2015.

La montée en puissance est aussi matérielle et humaine. À l’INSEP, les joueurs disposent aujourd’hui de cinq à six entraîneurs contre deux ou trois il y a quinze ans ; Thierry Soler a pris la direction de la performance en 2022 et Fernando Rivas a exercé comme responsable des séniors entre 2022 et 2025, apportant notamment une utilisation accrue de la data. Les résultats parlent d’eux-mêmes : la France place trois joueurs dans le top 15 mondial (Lanier et les frères Popov) et le double mixte Gicquel/Delrue est cinquième.

Le succès international s’inscrit dans un mouvement plus large : victoires sur le circuit, titres européens et deuxième place aux Mondiaux par équipes avaient déjà préparé le terrain. La jeune génération confirme sa dynamique avec les U19 sacrés champions d’Europe par équipes, renforçant l’idée d’une « ère d’or » selon la FFBad.

Malgré ces progrès, des fragilités persistent, surtout chez les dames. Les femmes représentent seulement 36–37 % des licenciés, 20 % des dirigeants et 7 % des entraîneurs, un verrou structurel qui freine l’éclosion de championnes. Brice Leverdez note aussi un problème d’équipement : certains clubs doivent refuser des adhérents faute d’infrastructures, alors que les licenciés ont augmenté de 30 000 depuis les JO-2024, pour atteindre 242 000 selon la FFBad.

Un plan de développement est annoncé pour 2027 avec des actions dès la rentrée pour féminiser l’encadrement et consolider la filière de haute performance.