Bluelinea traverse une phase de contraction qui pèse directement sur sa rentabilité et renforce son besoin de financement. Après une croissance de 10 % en 2025, pour un chiffre d’affaires de 10,4 millions d’euros, le spécialiste des objets connectés de santé a enregistré 4,74 millions d’euros de revenus au premier semestre 2026, soit un recul de 12 % sur un an.

La structure de coûts, largement fixe, a amplifié l’effet de la baisse d’activité. Malgré une réduction proche de 7 % des charges de personnel, ramenées de 2,42 à 2,26 millions d’euros, l’Ebitda est ressorti négatif de 419 000 euros. Un an auparavant, il était positif de 431 000 euros. Cette inversion illustre la sensibilité du modèle à la variation des volumes.

La tendance ne s’est pas redressée au troisième trimestre. Le chiffre d’affaires a baissé de 19 % à 2,02 millions d’euros. L’entreprise attribue cette évolution à l’attentisme des donneurs d’ordres et à la migration imposée par l’extinction du réseau 2G. Le renouvellement du parc d’équipements augmente les coûts, alors que certains partenaires B2B2C refusent des ajustements tarifaires. Le nombre de familles suivies via la plateforme Help est ainsi passé de 67 283 fin 2025 à 64 961 fin septembre.

Le bilan limite la marge de manœuvre. Au 30 juin, la trésorerie brute atteignait 607 000 euros, contre 822 000 euros fin décembre, pour une dette de 4,15 millions d’euros et des capitaux propres de 1,15 million. Une première augmentation de capital de 1,5 million d’euros a été réalisée en juillet.

Pour financer la continuité d’exploitation au-delà des douze prochains mois et poursuivre le désendettement, APICIL, actionnaire de référence, a validé le principe d’une nouvelle levée de fonds évaluée à 5,2 millions d’euros. Les modalités et le calendrier restent à communiquer ; ils seront déterminants pour mesurer la dilution et la solidité financière future.