Bank Al-Maghrib a choisi de maintenir son taux directeur à 2,25 %. La banque centrale évolue dans un environnement où l’inflation reste faible, mais où les pressions extérieures liées à l’énergie augmentent. La croissance du PIB marocain est attendue à 4,4 % en 2026, après 4,9 % en 2025.
La composition de cette croissance reste contrastée. La valeur ajoutée agricole devrait rebondir de 16 %, soutenue par une campagne céréalière estimée à 93 millions de quintaux. En revanche, la progression des activités non agricoles ralentirait à 3,1 %, contre 4,5 % en 2025.
Le financement de l’économie montre davantage de dynamisme. Le crédit au secteur non financier progressait de 10,1 % en juillet 2026, après 9,8 % en juin. Les concours aux sociétés non financières privées ont accéléré de 8,1 % à 11 %, tandis que les crédits à l’équipement affichaient une hausse de 25,7 %. Les créances en souffrance représentaient toutefois 8,1 % du crédit bancaire.
Le principal risque vient de l’énergie. Bank Al-Maghrib anticipe une hausse de 28,4 % de la facture énergétique en 2026, à 138,1 milliards de dirhams. Le déficit du compte courant atteindrait ainsi 4,6 % du PIB. Les réserves de change resteraient néanmoins autour de 502,8 milliards de dirhams, soit environ cinq mois et demi d’importations.
L’inflation moyenne est attendue à seulement 0,7 % en 2026, avant une remontée à 1,5 % en 2027. Pour les investisseurs et les entreprises, la stabilité des taux et l’accélération du crédit constituent des soutiens, mais le ralentissement hors agriculture et le renchérissement de l’énergie restent les principaux points de vigilance.
