Un grave accident a frappé vendredi le chantier de démolition et de recyclage naval Ferdous Steel, à Chittagong, dans le sud du Bangladesh. Huit ouvriers ont été retrouvés morts et cinq autres sont portés disparus après l’émission d’un gaz toxique à bord d’un navire acquis par l’entreprise. Le bâtiment en question avait auparavant servi au transport de gaz naturel liquéfié (GNL).

Les secours ont récupéré trois corps sur place et transporté plusieurs personnes inconscientes à l’hôpital de Chittagong, a indiqué le responsable des pompiers Md Towfiqul Islam Bhuiyan. Selon lui, les procédures de sécurité n’auraient pas été respectées : le navire n’aurait pas été intégralement purgé de gaz avant le début des opérations de découpe, ce qui a exposé directement les ouvriers présents à l’intérieur.

La police, représentée par le haut responsable Abdul Kuddus Chowdhury, a confirmé les décès et précisé qu’une enquête a été ouverte. Les autorités ont ordonné un audit du chantier. Le site était pourtant répertorié comme un chantier de recyclage naval « écologique » et conforme à la réglementation, soulignant un possible écart entre la conformité déclarée et les pratiques opérationnelles.

Le drame a des répercussions humaines directes : des témoins rapportent des cris et l’évacuation des blessés, et des familles sont déjà frappées par la perte, comme celle de Bhoumika Jaladas, enceinte de huit mois, qui a perdu son époux Palash. Le secteur du démantèlement naval à Chittagong emploie directement des dizaines de milliers de personnes et constitue l’un des plus grands pôles mondiaux de démolition de navires.

Depuis des années, organisations de défense des travailleurs et associations environnementales alertent sur des normes de sécurité insuffisantes et des conditions de travail précaires dans la filière, contexte auquel s’inscrit cet accident tragique.