La Banque centrale européenne est attendue jeudi pour un relèvement de son principal taux directeur sur les dépôts de 25 points de base, à 2,5%, selon les anticipations d’analystes, lors d’une réunion à Berlin. Ce durcissement intervient après un premier relèvement en juin et dans un contexte d’envolée des prix du pétrole : le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars, une première depuis fin juillet. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran, et les affrontements entre rebelles houthis et l’Arabie Saoudite autour du détroit de Bab el-Mandeb, alimentent ce choc d’offre et réduisent les espoirs d’un rapide rétablissement des flux via le détroit d’Ormuz.

L’inflation dans la zone euro a atteint 3,3% en août, niveau le plus élevé en trois ans et nettement au-dessus de l’objectif de 2% de la BCE. Face à cette poussée, le conseil des gouverneurs — 27 membres autour de la présidente Christine Lagarde — devrait resserrer les conditions monétaires, avec des conséquences attendues sur les prêts immobiliers, le financement des entreprises et les émissions de dette publiques. La BCE mettra en avant son indépendance alors que des voix politiques, comme Jean-Luc Mélenchon en France, critiquent déjà la hausse et prédisent un risque de récession.

Le principal enjeu de la réunion reste la suite du cycle monétaire : la BCE publiera de nouvelles projections macroéconomiques qui pourraient contenir des estimations d’inflation revues à la hausse. Les décideurs surveillent surtout d’éventuels effets de second tour sur les salaires et les prix qui pourraient ancrer durablement l’inflation et justifier des hausses supplémentaires. Plusieurs observateurs anticipent toutefois que Mme Lagarde donnera peu d’indications précises sur l’avenir des taux, tandis que la résilience de l’économie de la zone euro tempère les craintes d’un impact trop profond d’un crédit plus cher.

Outre la politique monétaire, la conférence de Mme Lagarde pourra être l’occasion d’interrogations sur son avenir à la tête de la BCE, après la sortie médiatique sur la publication de son autobiographie et des déclarations évoquant un possible départ anticipé avant octobre 2027.