Le premier semestre 2026 a été très profitable pour plusieurs banques belges. Crelan publie un bénéfice net de 192 millions d'euros, en hausse de 40% sur un an; Belfius atteint un record historique de 521 millions d'euros; Argenta réalise 214 millions d'euros, soit +30% sur un an. Ces résultats s'inscrivent dans une tendance sectorielle marquée.
L'explication principale réside dans la marge d'intérêt: les prêts contractés ces quatre à cinq dernières années se font à des taux plus élevés, tandis que les taux offerts aux déposants n'ont pas suivi la même évolution. Selon Nicolas Claeys (Test-Achats Invest), les comptes d'épargne des grandes banques proposent encore des taux de l'ordre de 0,5 à 0,7%, inférieurs aux taux du marché à court terme et à l'inflation. Cette asymétrie alimente la profitabilité des banques au détriment des clients épargnants.
D'autres facteurs concourent néanmoins à la hausse des bénéfices: maîtrise des coûts annoncée par certaines banques et hausse des commissions sur les placements. Pour Claeys, le contraste entre ce que les banques rémunèrent les actionnaires et ce qu'elles reversent aux clients souligne un déséquilibre aggravé par un manque de concurrence; en novembre 2023, l'Autorité belge de la concurrence qualifiait le marché d'«oligopole».
Côté alternatives pour les particuliers, l'article rappelle l'existence de comptes à terme (1–2 ans) et de comptes «boostés» offrant jusqu'à 3–3,5% mais souvent limités par un plafond de versement (500 € par mois). Il cite également un nouveau bon d'État à un an, dont la souscription se termine le 3 septembre 2026, proposant un taux net de 1,925%, supérieur aux taux d'épargne classiques. Enfin, Claeys pointe la responsabilité partielle des consommateurs, trop fidèles à leur banque pour provoquer une amélioration significative des offres.


