La sortie partielle de Binance du marché français, effective le 1er juillet faute d’agrément européen, n’a pas tarit l’intérêt pour les cryptoactifs mais a déclenché une redistribution des clients. Selon Cryptoast, les retraits nets depuis Binance ont atteint 555 millions de dollars sur le mois précédant l’arrêt, dont 414 millions lors de la dernière semaine avant l’échéance. À mettre en perspective avec les quelque 2 millions de clients français que revendiquait la plateforme avant la coupure.

Face à cette vacance, les utilisateurs arbitrent entre trois grandes options : migrer vers une plateforme dotée d’un agrément MiCA, garder eux‑mêmes leurs cryptoactifs dans des portefeuilles personnels, ou réduire leur exposition aux cryptoactifs. Jules Rousselet (Alfines Gestion Privée) souligne qu’il est encore trop tôt pour chiffrer précisément la répartition des flux, mais que le mouvement est bien réel.

Le cas Binance illustre un basculement structurel du marché européen : le statut réglementaire de l’intermédiaire devient un critère central, aux côtés des frais, de la liquidité et du nombre de tokens. Sur les 117 prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) enregistrés en France avant la transition, seuls 83 avaient obtenu l’agrément MiCA à la date butoir du 30 juin 2026 ; les autres ont dû cesser, réduire leur offre ou nouer des alliances avec des acteurs agréés.

Plusieurs plateformes disposent désormais d’un agrément leur permettant d’opérer en France via le passeport européen MiCA : Coinhouse (agrément AMF), Kraken (licence irlandaise), Coinbase (agrément luxembourgeois), Bitpanda (autorisation autrichienne) et Bitstamp (agrément luxembourgeois). Pour les investisseurs, l’arrêt de Binance n’est pas la fin de la demande mais une accélération de la sélection des acteurs jugés pérennes dans le nouveau cadre réglementaire.