La progression récente du Bitcoin s'explique principalement par l'évolution des anticipations monétaires américaines : des données d'inflation et d'emploi jugées modérées ont convaincu les investisseurs que la Fed n'augmenterait plus ses taux, ce qui profite aux actifs sensibles aux politiques monétaires. CoinShares relie directement cette détente des attentes à la reprise du Bitcoin.

Le marché de la dette américaine diverge cependant : les taux des maturités courtes baissent, signe que le resserrement est perçu comme terminé, tandis que le rendement du 30 ans remonte pour des motifs liés aux finances publiques plutôt qu'à la Fed. Ce décrochage entre politique monétaire plus accommodante et inquiétudes budgétaires crée un environnement de « devise plus souple / dette plus risquée » historiquement favorable au Bitcoin.

La réponse du Trésor, qui rachète des titres longs tout en émettant davantage à court terme, atténue temporairement les tensions sur le 30 ans mais n'apporte pas de solution structurelle. En raccourcissant la dette, l'exposition de la charge d'intérêts au moindre mouvement de la Fed augmente, et l'attrait des obligations américaines peut s'en trouver réduit, contribuant à l'affaiblissement du dollar et à un risque inflationniste plus élevé.

Sur le marché des produits structurés, les flux reflètent un retour des investisseurs institutionnels : 2,2 milliards de dollars ont été investis cette semaine dans des ETN en actifs numériques, dont environ 1,6 milliard destinés aux produits Bitcoin, la plus forte entrée de 2026. Les gros détenteurs ont cessé de vendre et recommencent à accumuler, tandis que le cours repasse au‑dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, mais reste selon l'analyse enfermé dans une fourchette dont le plafond est estimé autour de 80 000 $.

Les risques inhérents aux ETN cryptos sont rappelés : volatilité importante, pertes en capital possibles et sensibilité aux évolutions réglementaires, et les proximités d'événements de marché majeurs incitent à suivre de près la suite.