La séance parisienne a commencé positivement, portée par des achats sur des valeurs comme Air Liquide (+2,93% à 174,50 euros vers 10h) après des informations sur l’entrée potentielle du fonds activiste Elliott Management au capital. Mais l’annonce d’une inflation en zone euro à 3,3% en août (+0,4 point) a inversé la tendance, alignant le CAC 40 sur la baisse observée sur les autres marchés européens. Vers 11h00 (09h00 GMT), l’indice perdait 39,02 points (-0,47%) à 8.296,48 points, après avoir clôturé la veille à 8.334,50 points (-0,79%).
La hausse des prix est principalement attribuée au renchérissement de l’énergie, lié au choc externe provoqué par le conflit impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a perturbé le passage des navires pétroliers par le détroit d’Ormuz. Le Brent de la mer du Nord valait 92,48 dollars le baril (+2,20%) mardi matin, le WTI à 87,94 dollars (+2,54%), soutenant des hausses sur les valeurs énergétiques comme TotalEnergies (+1,42% à 76,60 euros).
Cette envolée de l’inflation alimente une remontée des taux sur le marché obligataire et anticipe le relèvement attendu des taux par la BCE en septembre. Le rendement des OAT françaises à dix ans a grimpé à 4,21% (contre 4,17% lundi), un niveau inédit depuis la crise de 2008. Pour la France, des taux plus élevés compliquent la construction du budget 2027, avec une dette publique à 117% du PIB, et tendent à renchérir le financement des entreprises, pesant sur les valorisations actions.
Malgré le retournement, Air Liquide restait le titre le plus recherché vers 11h00, et TotalEnergies bénéficiait directement de la hausse continue des cours du pétrole. Le contexte géopolitique reste volatil: menaces américaines de frappes contre l’Iran et incidents en mer (navire touché par « trois projectiles inconnus » dans le détroit d’Ormuz selon l’UKMTO) accentuent les risques d’offre sur le pétrole.


