La Bourse de Toronto a connu mercredi sa plus forte baisse en quatre mois. L’indice composé S&P/TSX a reculé de 607,65 points, soit 1,7 %, pour terminer à 35 041,86 points, son niveau de clôture le plus faible depuis deux mois et demi.

La hausse des taux longs a pesé sur les actifs risqués. Le rendement américain à dix ans, référence mondiale des coûts de financement à long terme, a atteint un sommet de 24 ans avant d’effacer une partie de sa progression après une adjudication obligataire bien accueillie. Ce mouvement a particulièrement pénalisé les valeurs minières : le secteur canadien des matériaux a cédé 2,9 %, tandis que l’or est tombé à son plus bas niveau depuis deux mois. Un dollar américain plus ferme et des rendements plus élevés réduisent l’attrait d’un métal qui ne verse pas de revenu.

Les financières, très présentes dans l’indice canadien, ont perdu 2,3 %. Toronto-Dominion a notamment chuté de 3,3 %. Les investisseurs ont aussi intégré la persistance des incertitudes commerciales entre le Canada et les États-Unis, un facteur susceptible de freiner consommateurs et entreprises et, par ricochet, l’activité bancaire.

Le repli s’est étendu aux industriels, en baisse de 1,65 %, et à l’énergie, qui a cédé 0,75 %. Le brut américain a terminé à 88,28 dollars le baril, en baisse de 1,3 %, après l’annonce d’une accélération de la libération de stocks par l’Agence internationale de l’énergie, avec une priorité accordée au diesel.

Pour les investisseurs, cette séance montre la sensibilité du TSX à un double choc de taux et de matières premières. La concentration de l’indice dans les banques, les mines et l’énergie peut amplifier les mouvements lorsque les rendements montent, que le dollar se renforce et que les prix des ressources reculent simultanément.