La Bourse de Toronto a enregistré sa plus forte hausse depuis le 3 septembre. L’indice S&P/TSX a progressé de 519,24 points, soit 1,48 %, pour clôturer à 35 664,62 points, son meilleur niveau de clôture en deux semaines. Sur l’ensemble de la semaine, il gagne 0,46 % après deux semaines consécutives de baisse.

Le principal catalyseur a été un rapport sur l’emploi nettement inférieur aux attentes. L’économie canadienne a perdu 68 300 emplois en septembre, alors que les analystes anticipaient 9 200 créations. Le taux de chômage a légèrement augmenté à 6,5 %. Ces chiffres ont réduit les anticipations de resserrement monétaire : le marché n’estime plus qu’à 25 % la probabilité d’une hausse de taux de la Banque du Canada le 28 octobre, contre 40 % avant la publication.

Cette détente anticipée a bénéficié à la plupart des secteurs. Les matériaux ont gagné 2,81 %, aidés par des achats sur l’or après son plus bas de deux mois. La technologie a avancé de 2,88 %, la consommation discrétionnaire de 2,66 % et les financières de 1,21 %. L’énergie a progressé de 1,07 %, tandis que le brut américain a clôturé à 91,85 dollars le baril, en hausse de 0,4 %.

Aritzia a bondi de plus de 20 % après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes en chiffre d’affaires et en bénéfices. À l’inverse, les télécommunications ont pesé sur l’indice : Cogeco Communications a perdu 7,11 % et BCE 5,47 %, dans un contexte de craintes renouvelées face à la concurrence des services mobiles par satellite.

La séance illustre un paradoxe fréquent : une mauvaise donnée économique peut soutenir les actions si elle réduit le risque de hausse des taux. Pour les investisseurs, ce soutien reste conditionnel. Une faiblesse durable de l’emploi finirait par peser sur les bénéfices, tandis qu’un rebond de l’inflation pourrait remettre le resserrement monétaire au centre du scénario.