Depuis la relance post‑Covid, l'Inde apparaissait comme une terre d'opportunité : réformes favorables aux entreprises et perspectives macroéconomiques soutenant la croissance des bénéfices ont attiré les capitaux. Mais ce mouvement s'est essoufflé. Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie de marchés chez Natixis IM, souligne que le flux d'investissement qui portait les cours s'est tari, privant le marché actions indien d'une dynamique qui lui permettrait de rattraper ses pairs.

Les chiffres et constats récents sont préoccupants : l'année 2025 a été « terrible » pour les actions indiennes et, à la date de l'article, le Nifty affiche une performance négative depuis le début de 2026. Par contraste, des marchés comme la Corée du Sud ou Taïwan profitent d'investissements massifs dans des segments précis (semi‑conducteurs, tech), ce qui leur donne un coup d'accélérateur que l'Inde ne montre pas actuellement.

Plusieurs vulnérabilités structurelles pèsent sur le scénario d'une reprise rapide. L'Inde reste fortement dépendante des importations pétrolières et donc sensible aux chocs géopolitiques au Moyen‑Orient ; elle dispose par ailleurs de moins de réserves que la Chine pour amortir de telles crises. Le pays est aussi « en K » : des pôles technologiques et financiers dynamiques coexistent avec une économie rurale importante.

Les leviers de la seconde phase de croissance sont identifiés : accélérer l'industrialisation (l'industrie représente 10–15% du PIB contre 30% en Chine) via le plan "Make in India", et pousser le secteur logiciel à intégrer davantage les nouvelles technologies pour regagner en productivité. Mais sans une stratégie d'investissement structurelle visant à renforcer les capacités productives, le risque d'un « plafond de verre » persiste.

Pour les investisseurs, la question reste l'allocation : ETF, OPCVM ou titres individuels ? L'article renvoie vers l'analyse technique et financière plus approfondie de la lettre Momentum de Capital pour une sélection d'actions, rappelant que le contexte macro (notamment le niveau des taux américains et la préférence pour les Treasuries à ~5%) influence fortement les flux vers les marchés émergents.