L’essor massif de l’intelligence artificielle met en lumière des besoins matériels très concrets : énergie, matériaux… et eau. La banque privée J. Safra Sarasin rappelle que les datacenters et les centrales qui les alimentent consomment déjà aux États‑Unis près de 1 000 milliards de litres d’eau par an, et qu’un rapport de l’ONU projette jusqu’à 9 300 milliards de litres à l’échelle mondiale en 2030. De son côté, une fonderie moderne peut absorber près de 40 millions de litres d’eau ultrapure par jour, soit l’équivalent de la consommation de 33 000 foyers, souligne la même source.

Ce contexte rend les acteurs spécialisés dans la gestion, le traitement et l’efficacité de l’eau plus stratégiques. Veolia Environnement est mis en avant pour son renforcement sur les datacenters et la filière semi‑conducteurs, bénéficiant d’une position de marché « unique » selon RBC Capital Markets, qui a relevé son juste prix estimé. Veolia a par ailleurs signé un premier semestre solide avec des résultats conformes aux attentes, d’après AlphaValue.

Xylem et Ecolab sont présentés comme des bénéficiaires directs de cette tendance : Xylem a relevé ses prévisions de profits en mettant en avant le rôle croissant de l’eau dans les infrastructures d’IA et la fabrication de puces, tandis qu’Ecolab tire parti du traitement de l’eau de haute technologie et du refroidissement liquide direct. Leurs revenus récurrents et l’aspect essentiel de leurs offres leur confèrent un caractère défensif.

Pour les investisseurs, la thématique est doublement attractive : besoin structurel croissant et valorisations parfois plus accessibles après des corrections. J. Safra Sarasin rappelle que, comme l’électricité, la disponibilité d’eau devient un critère déterminant pour implanter datacenters et fonderies, ce qui soutient la demande long terme pour des solutions liées à l’eau.