Le Medef a réuni sept candidats déclarés pour un premier débat économique organisé le 27 août au sein de la Rencontre des Entrepreneurs de France, sur le court Philippe Chatrier. Devant des gradins remplis de chefs d’entreprise, les échanges ont porté principalement sur les retraites, la dette et la maîtrise des dépenses publiques, dans une ambiance mêlant décontracté et électrique. Une consultation OpinionWay commandée par le Medef indique que plus de huit chefs d’entreprise sur dix se disent pessimistes quant aux effets de la politique économique du prochain président.
Sur les retraites, les positions sont nettement différenciées. Édouard Philippe plaide pour l’allongement de l’âge légal en invoquant la démographie et la préservation du modèle social. Marine Le Pen propose un départ à 60 ans pour ceux ayant commencé avant 20 ans, puis une progression vers 42 ans de cotisations et un âge légal à 62 ans. Bruno Retailleau évoque un « manque » équivalent à trois semaines par an ou trois années de vie par rapport aux Européens et propose une dose de capitalisation et un lien entre âge de départ et espérance de vie. Gabriel Attal réclame un passage de la répartition à la capitalisation et un système incitatif lié à la durée de cotisation.
Le traitement de la dette a provoqué des échanges vifs : Jean‑Luc Mélenchon a évoqué la possibilité d’« annuler » ou « racheter » la dette en s’inspirant de pratiques américaines, proposition qualifiée d’« extrêmement dangereuse » par Édouard Philippe, qui a mis en garde contre un risque d’« interdit bancaire ». Gabriel Attal vise, lui, un déficit sous 3 % en 2032 et l’équilibre en 2037, en ciblant la dépense sociale (Assurance‑maladie, arrêts maladie, assurance‑chômage) pour réaliser des économies. Le RN annonce pour sa part une trajectoire de redressement avec 125 milliards d’euros d’économies présentée avant le débat budgétaire d’octobre.
Sur l’emploi et les salaires, Patrick Pouyanné (Total) a défendu une baisse des charges pour augmenter les salaires nets, tandis que les questions d’immigration et de besoin de main‑d’œuvre ont été âprement débattues : Marine Le Pen lie immigration et coût du système de protection sociale, ce que Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier contestent en rappelant les prévisions de besoin de 3,6 millions de travailleurs étrangers d’ici 2050 citées dans le rapport du Medef. Les échanges laissent entrevoir une campagne économique où les choix sur retraites, dette et dépenses publiques seront centraux.


