Le gouvernement fédéral doit trouver 10 milliards d'euros d'ici la fin de la législature. L'un des leviers scrutés est la dépense des soins de santé, dont le coût réel atteignait 37,7 milliards d'euros en 2025 et représente une part majeure du budget global du régime (46,775 milliards en 2026). Aujourd'hui, 84 % de ce financement provient des cotisations sociales, soit 39,3 milliards € en 2026.

Philippe Defeyt propose de substituer au système actuel un « régime universel » de cotisations: une contribution d'environ 11 % appliquée à l'ensemble des revenus, y compris les revenus de la propriété et les rémunérations alternatives (voitures de société, chèques-repas, etc.). Selon ses estimations, cette mesure rapporterait près de 13 milliards d'euros de recettes supplémentaires par rapport aux cotisations actuelles, permettant de sécuriser le financement actuel et de dégager une marge budgétaire.

L'idée s'accompagne d'une remise à plat plus large de la politique de redistribution: plafonnement des cotisations personnelles pour certaines prestations (pensions, chômage), rapprochement entre cotisations versées et droits perçus, prise en compte de tous les revenus pour l'attribution des aides et harmonisation des indexations. Defeyt souligne aussi la suppression des formes de rémunération alternative pour simplifier la lecture des offres salariales et recentrer la gestion des ressources humaines sur le travail lui‑même.

Enfin, il plaide pour transférer certaines dépenses du contribuable au consommateur (par exemple via une taxe au kilomètre pour les routes) et pour lutter contre les pièges à l'emploi en évaluant les effets au niveau du ménage. L'économiste met en garde contre des réformes timides qui complexifient le système et rompt avec la logique d'enchevêtrement des mesures sans vision d'ensemble.