La séance parisienne est passée du vert au rouge après l'annonce d'une hausse de 25 points de base par la Banque centrale européenne, portant le taux de dépôt à 2,50%. Plus que le geste lui-même, ce sont les orientations données par la présidente de l'institution sur la trajectoire de l'inflation qui ont crispé les investisseurs et alimenté des prises de bénéfices sur le marché actions.
La BCE identifie le conflit au Moyen-Orient comme un facteur clé de pressions inflationnistes, avec des projections désormais révisées à la hausse pour l'inflation en 2027-2028 et à la baisse pour la croissance en 2026-2027. Par conséquent, le ton adopté par la direction de la Banque centrale est jugé résolument prudent et laisse envisager de nouvelles hausses, potentiellement dès décembre selon plusieurs économistes cités.
Sur le plan des matières premières, les cours du pétrole ont fortement progressé : le WTI a franchi et dépassé les 100 dollars le baril, et le Brent a poursuivi son ascension, conséquence directe de l'élargissement du conflit et des perturbations de la navigation dans le Golfe. Ces tensions énergétiques contribuent à une dynamique inflationniste indirecte, observée également dans la hausse des prix à la production aux États-Unis.
La combinaison d'une BCE plus restrictive, du renchérissement du pétrole et d'une tension sur le marché obligataire américain (taux à long terme en nette remontée) a livré un cocktail défavorable pour les valeurs cycliques et pour certaines grandes capitalisations françaises. L'Oréal et LVMH ont reculé et continuent de se disputer la première place par capitalisation, tandis que des petites valeurs comme Carvolix tirent parti d'annonces réglementaires favorables.
Enfin, sur le change, l'euro s'est légèrement replié face au dollar, reflétant l'hétérogénéité des signaux macroéconomiques entre zones et l'ajustement des anticipations de taux.


