Investir dix ans sur les grandes actions françaises a généralement été rentable, sans constituer une garantie absolue. Une analyse des périodes glissantes de dix ans depuis 1987 montre que le CAC 40 dividendes réinvestis a généré en moyenne 112 % sur la durée, soit 7,83 % par an.

Le choix de l’indice est déterminant. Le CAC 40 habituellement cité dans les médias mesure seulement l’évolution des cours. Le CAC 40 Gross Return réintègre les dividendes versés et réinvestis. Sur les dix années étudiées les plus récentes, l’écart est considérable : environ 76 % pour l’indice de prix, contre 139 % dividendes réinvestis.

L’allongement de l’horizon permet d’absorber une partie des crises. Un placement réalisé fin 1993 et conservé jusqu’à fin 2003 est ainsi resté positif, avec une performance moyenne de 7,03 % par an, malgré les fortes baisses de 2001 et 2002. Sur la trentaine de périodes examinées, seules celles achevées entre 2009 et 2011 ont affiché une perte. Elles cumulaient l’éclatement de la bulle internet et la crise financière de 2008. Même dans ce scénario défavorable, la perte annuelle moyenne maximale mentionnée est de 1,23 % entre fin 2000 et fin 2010.

L’étude estime également la performance réelle moyenne à 6,19 % par an après déduction d’une inflation historique moyenne de 1,55 %. Elle n’intègre toutefois ni les frais, ni la fiscalité propre à chaque investisseur.

La leçon pour l’épargnant est double : la durée améliore fortement les probabilités, mais les dividendes, les frais, l’enveloppe fiscale et le point de sortie influencent le résultat. Une diversification internationale reste aussi nécessaire, car le CAC 40 ne représente qu’un marché concentré.