Le marché parisien a reculé mercredi, dans un contexte où les tensions géopolitiques entre les États‑Unis et l'Iran ont ravivé les risques sur l'approvisionnement énergétique. Le pétrole Brent de la mer du Nord a dépassé 95 dollars le baril, tandis que la référence du gaz européen a franchi les 75 euros le mégawattheure, un niveau inédit depuis janvier 2023. ING souligne que ces événements remettent au premier plan le risque pesant sur les passages pétroliers comme le détroit d'Ormuz.

La flambée des cours de l'énergie alimente les anticipations d'inflation et tire les rendements obligataires vers le haut, note Ipek Ozkardeskaya (Swissquote). L'inflation dans la zone euro a, selon le texte, atteint en août son plus haut niveau depuis trois ans, renforçant l'attente d'un nouveau resserrement de la BCE la semaine prochaine. En conséquence, le taux d'emprunt français à 10 ans a atteint un nouveau sommet depuis 2008, autour de 4,25 %.

Ces tensions pèsent directement sur les valeurs industrielles et les constructeurs automobiles pour qui l'énergie est un poste de dépenses majeur. Saint‑Gobain figurait parmi les perdants (perdait 1,07 % à 75,66 euros et cédait 2,23 % à 62,32 euros dans le texte), Stellites reculait de 2,01 % à 4,54 euros et Renault perdait 1,86 % à 28,47 euros. Les marchés européens, importateurs nets d'hydrocarbures, restent particulièrement sensibles à ces évolutions de prix.

Du côté des facteurs structurels, Neil Wilson (Saxo UK) insiste sur le caractère «classique» de la rentrée, marquée par une vague de prises de bénéfices, et pointe aussi les perspectives budgétaires incertaines et la hausse des déficits comme moteurs supplémentaires de la hausse des taux. Les investisseurs réclament des rendements plus élevés face à des perspectives économiques moins rassurantes et au risque d'une inflation durable qui éroderait les marges des entreprises.