Le CAC 40 a progressé d’environ 2 % entre deux vendredis, porté par le reflux des rendements obligataires à long terme. Le mouvement offre un peu d’air aux actions françaises, mais il ne signifie pas que le risque de taux a disparu. En zone euro, l’écart entre les rendements à dix ans français et allemand reste proche de 1,4 point de pourcentage, un niveau que LBP Asset Management décrit comme un équilibre précaire.
La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a indiqué que l’institution apportait une réponse mesurée au choc énergétique et que l’objectif d’inflation de 2 % à moyen terme restait encore en vue. Le ton a été perçu comme moins offensif qu’en septembre. Pour LBP AM, cela réduit plutôt le risque que la BCE procède aux deux relèvements supplémentaires de taux directeurs que le gérant anticipait encore d’ici le début de 2027.
La France demeure néanmoins surveillée. Son rendement souverain à dix ans évolue autour de 4,8 %, reflet des inquiétudes sur la trajectoire budgétaire. Christine Lagarde a appelé l’État français à prendre des décisions crédibles pour le budget 2027. Pour les actions domestiques, le coût du capital et l’écart de rendement avec l’Allemagne continueront donc de peser sur les valorisations, notamment dans l’immobilier, les services aux collectivités et les entreprises endettées.
Aux États-Unis, le taux à dix ans s’est replié vers 5 %, mais l’inflation de septembre n’a pas apporté le signal d’accalmie attendu. L’énergie a contribué à l’accélération, tandis que l’inflation sous-jacente a dépassé les attentes pour le deuxième mois consécutif. Selon l’analyse citée, l’indicateur privilégié par la Réserve fédérale pourrait repasser au-dessus de 3 % et rester plus d’un point au-dessus de la cible jusqu’à la fin de 2026.
Pour l’investisseur, la hausse hebdomadaire du CAC 40 doit donc être lue comme une détente de la prime de taux, pas comme la disparition des risques. Une nouvelle remontée des rendements pourrait rapidement inverser le mouvement, tandis qu’une stabilisation durable favoriserait les valeurs de croissance, les secteurs sensibles au crédit et les sociétés aux bilans les plus solides.


