La Bourse de Paris a traversé une semaine dominée par la remontée des prix de l’énergie et des taux d’intérêt à long terme. Le pétrole a dépassé 100 dollars le baril pour la première fois depuis mai, tandis que le gaz naturel liquéfié en Europe a franchi 80 euros par mégawattheure, un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2022.
Ce renchérissement de l’énergie alimente les anticipations d’inflation et renforce la prudence des banques centrales. La Banque centrale européenne a relevé ses taux et adopté un ton ferme, estimant que l’inflation pourrait rester trop élevée plus longtemps. Les marchés intègrent désormais trois hausses supplémentaires, même si cette anticipation est jugée excessive par LBP AM. Aux États-Unis, le risque d’une hausse des taux de la Réserve fédérale dès sa prochaine réunion s’est également accru.
Dans ce contexte, le CAC 40 a perdu plus de 1 % sur la semaine au moment où le bilan a été établi. Les performances ont été très contrastées. Soitec a gagné environ 10 %, TotalEnergies 4 %, Viridien 5 % et JCDecaux 2 %. À l’inverse, LVMH a reculé de 3 % et Hermès de 4 %, illustrant la pression exercée par les taux sur certaines valorisations élevées.
La suite dépendra largement de l’évolution du conflit avec l’Iran et des infrastructures énergétiques. Des dommages sur des capacités de production ou d’exportation prolongeraient le choc sur le pétrole et le gaz. Un accord entre l’Iran et les États-Unis provoquerait au contraire une détente des prix de l’énergie et réduirait une partie de la pression inflationniste.
Pour l’investisseur, le mouvement invite à distinguer les entreprises bénéficiant directement de la hausse de l’énergie de celles pénalisées par leurs coûts ou leur valorisation. La volatilité peut rester forte tant que les trajectoires du pétrole, de l’inflation et des taux longs évoluent simultanément.


