Le 31 juillet 2026, lors d’une cérémonie de remise de médailles au Palais de l’Unité à Yaoundé, Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke ont été vus marchant côte à côte et main dans la main devant les corps constitués, les invités et les médias. L’image, rare dans le protocole présidentiel, a immédiatement circulé sur les réseaux sociaux et pris la dimension d’un message politique, venant heurter les récits de rivalité qui circulent depuis plusieurs mois.

Ces rumeurs présument une division au sein du « clan Nanga », opposant le sous-clan de Ngoh Ngoh à celui de Baboke, dans une lutte d’influence pour des leviers stratégiques comme l’armée, les services de renseignement et les finances publiques. Le contexte inclut des auditions d’Oswald Baboke par le Tribunal criminel spécial depuis fin juin 2026 — liées à des irrégularités présumées dans le secteur aurifère et à la diffusion d’un faux décret présidentiel présenté à la CRTV le 12 juin et qualifié de « tentative de coup d’État » dans une note de renseignement.

Parallèlement, Ferdinand Ngoh Ngoh fait face à des accusations du capitaine Effoudou Romuald Awussi, ex-officier des renseignements en exil, qui l’accuse de l’avoir poussé à la fuite après qu’il dénonça une tentative de coup d’État en 2023. Ces éléments alimentent le récit d’une possible lutte de succession alors que la santé du président Paul Biya, 93 ans, alimente les spéculations.

L’interprétation du geste diverge : pour certains, il s’agit d’une démonstration de cohésion institutionnelle destinée à rassurer partenaires et administration ; pour d’autres, d’une mise en scène calculée visant à désamorcer les rumeurs numériques. Quoi qu’il en soit, l’image du 31 juillet constitue un fait objectif qui ne garantit pas l’arrêt des spéculations : les prochaines semaines détermineront si cette unité affichée se prolonge ou reste un acte isolé.