Le mouvement lancé par la CGT chez TotalEnergies s’est poursuivi vendredi à la raffinerie de Normandie, la plus grande de France. Les expéditions de carburants y restent bloquées par camion et par pipeline, tandis que les chargements ferroviaires de propylène et d’éthylène sont également interrompus. Les autres sites de raffinage mobilisés la veille avaient repris une activité normale selon la direction.

L’ampleur exacte du mouvement fait l’objet d’appréciations différentes. TotalEnergies dénombrait douze grévistes sur le site normand et assurait pouvoir continuer à fournir son réseau et ses clients grâce à ses moyens logistiques. Dans la distribution, entre 18 stations selon la direction et 23 selon la CGT restaient concernées au sein d’Argedis, une filiale qui exploite environ 180 stations. Le groupe dispose au total d’un réseau d’environ 3 300 points de vente.

La mobilisation porte sur les salaires et l’emploi. La CGT réclame une augmentation mensuelle de 200 euros et un salaire de base minimal équivalent à 1,2 fois le Smic. La direction a annoncé une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle, dont le montant définitif doit être discuté en décembre. Le syndicat dénonce aussi des effectifs insuffisants et un recours important aux contrats temporaires et à la sous-traitance.

Pour les investisseurs, l’impact dépend avant tout de la durée du blocage. Une interruption brève peut être absorbée par les stocks et la logistique du groupe. Une extension à d’autres sites ou une prolongation augmenterait en revanche le risque sur les volumes, les coûts et la disponibilité des carburants. Le contexte reste tendu, entre difficultés logistiques au Moyen-Orient et afflux de clients lié au plafonnement des prix à la pompe. TotalEnergies a publié un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars au premier semestre, en hausse de 73 % sur un an.