Character.AI a déposé le bilan aux États-Unis et accepté une offre de 20 millions de dollars de Disney portant sur une licence perpétuelle non exclusive de certains droits de propriété intellectuelle. Disney intervient comme acquéreur de référence, ou « stalking horse » : d’autres candidats pourront proposer une offre supérieure dans le cadre de la procédure.

La société prévoit de vendre l’ensemble de ses actifs d’ici fin novembre ou début décembre. Character Technologies, sa maison mère américaine, évalue ses actifs et ses passifs dans une fourchette de 50 à 100 millions de dollars. Les services doivent continuer pendant la transition, mais la plateforme prévient qu’ils pourraient être interrompus si aucun repreneur n’est trouvé.

La faillite intervient après une multiplication des contentieux concernant les interactions entre les chatbots et des utilisateurs vulnérables. Character.AI et Google ont conclu cette année un accord amiable dans une affaire engagée par la mère d’un adolescent de quatorze ans. Le Kentucky et la Pennsylvanie ont également lancé des procédures mettant en cause certains comportements attribués aux chatbots.

Disney accompagnera la transition en s’appuyant sur des salariés recrutés chez Character.AI. Les deux entreprises avaient pourtant été opposées en 2025, Disney ayant demandé le retrait de personnages protégés utilisés sans autorisation. Character.AI affirme les avoir supprimés.

Fondée en 2021 par deux anciens employés de Google, la plateforme avait déjà transféré une partie importante de sa valeur technologique lorsque Google avait acquis une licence en 2024 et réembauché ses fondateurs. Pour les investisseurs, l’opération illustre le risque juridique des services d’IA grand public et la différence entre une technologie attractive et une entreprise économiquement viable. Le prix proposé par Disney ne constitue pas encore une valeur finale, puisqu’il peut être surenchéri et ne porte que sur certains droits.