Le rapport mensuel de l'emploi aux États‑Unis pour août affiche une situation robuste: le taux de chômage reste à 4,1%, niveau souvent assimilé au plein emploi, et les créations nettes atteignent 162 000, soit environ trois fois la prévision des marchés. Les chiffres de juin et juillet ont en outre été révisés à la hausse par le ministère du Travail, renforçant l'idée d'une dynamique de l'emploi plus vigoureuse que prévu.

Ce rebond des embauches a été interprété par des responsables pro‑gouvernementaux comme la validation des politiques économiques en place. Pour les marchés, toutefois, la bonne tenue de l'emploi réduit l'argument en faveur d'un maintien prolongé de taux bas: une économie proche du plein emploi augmente le risque de surchauffe salariale et de persistance des pressions inflationnistes.

À l'inverse, la note négative du rapport concerne l'énergie: le diesel a atteint un niveau record à 5,85 dollars le gallon et l'essence ordinaire est à 4,15 dollars en moyenne. Cette hausse, liée à l'escalade du conflit entre les États‑Unis et l'Iran et au blocage du détroit d'Ormuz, se traduit mécaniquement par une augmentation des coûts de production et de transport, qui devrait finir par peser sur les prix à la consommation.

La Fed observe déjà une inflation annuelle supérieure à son objectif (CPI à 3,4% et PCE à 3,7% en juillet) et plusieurs responsables ont indiqué leur ouverture à un resserrement si l'inflation ne ralentit pas. Ce contexte met l'exécutif sous pression à quelques semaines des élections de mi‑mandat, le président appelant publiquement la banque centrale à abaisser les taux, alors que la banque est susceptible d'opter pour l'inverse pour ramener l'inflation vers 2%.