La proposition d’annuler une partie de la dette publique française détenue par les banques centrales suscite une opposition ferme de la Banque centrale européenne. Christine Lagarde estime qu’une telle décision ne serait pas possible sur les plans juridique, technique et financier.
Le principal obstacle juridique se trouve dans l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ce texte encadre strictement le financement des États par la BCE et les banques centrales nationales. Selon la présidente de la BCE, effacer des titres publics déjà rachetés constituerait une violation des règles européennes.
La dette publique française atteint 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du produit intérieur brut. Cette ampleur explique pourquoi l’idée d’une annulation revient dans le débat politique. Plusieurs économistes et responsables publics soulignent toutefois qu’un État ne peut pas décider seul d’effacer les titres détenus par l’Eurosystème.
Une annulation unilatérale créerait aussi une interrogation sur la confiance des créanciers. Les investisseurs pourraient demander une rémunération plus élevée pour continuer à prêter à la France, ce qui augmenterait le coût des nouvelles émissions et du refinancement. Les conséquences dépendraient également du traitement comptable des pertes subies par les banques centrales.
Le débat reste politiquement partagé. Un sondage YouGov indique que 43 % des Français seraient favorables à une annulation de la dette publique. Sur les marchés, l’enjeu immédiat n’est cependant pas une mise en œuvre annoncée, mais la crédibilité de la trajectoire budgétaire française et le respect du cadre monétaire européen.


