La dette fédérale brute des États-Unis a atteint 40 000 milliards de dollars, un seuil inédit résultant d'une décennie de hausse rapide: la dette a doublé en dix ans et quadruplé en moins de vingt. Cette somme comprend la dette détenue par le public (plus de 32 000 milliards) et la dette intragouvernementale, sans compter les dettes des États ou des ménages. Sur le plan international, les créanciers étrangers détenaient 9 270 milliards fin juin 2026, le Japon représentant 1 120 milliards de ces avoirs.

Les principaux facteurs expliquant cette accumulation sont connus: dépenses liées à la défense, aux principaux programmes de santé, à la Sécurité sociale et aux réponses aux crises (récessions, guerres, pandémie). Pour l'exercice 2026, le Congressional Budget Office anticipe un déficit fédéral d'environ 1 900 milliards de dollars (5,8 % du PIB), avec des recettes prévues à 5 600 milliards contre des dépenses autour de 7 400 milliards. Le paiement des intérêts nets représente un poste désormais comparable aux plus grands budgets fédéraux.

La montée des rendements des Treasuries a aggravé la charge: le taux à 30 ans a frôlé 5,34 % début de semaine, un sommet depuis 2007, contraignant le Trésor à augmenter ses rachats d'obligations. Le Fonds monétaire international estime qu'en 2026 la dette brute atteindra 40 700 milliards pour un PIB nominal de 32 400 milliards, soit 125,8 % du PIB, un ratio nettement supérieur à celui de 2012.

Le CBO alerte sur l'absence de trajectoire soutenable: sans consolidation (hausse d'impôts, réduction des dépenses ou baisse du déficit), la dette fédérale brute pourrait approcher 64 000 milliards d'ici la fin de 2036. Les autorités ont limité le risque de défaut perçu par les marchés, mais des stratégies comme les rachats d'obligations sont jugées par certains observateurs comme des pansements qui n'effacent pas le besoin d'un ajustement budgétaire structurel.