Cipher Digital veut lever 850 millions de dollars par une émission privée d’obligations convertibles de premier rang arrivant à échéance en 2032. Les premiers acquéreurs disposeront pendant treize jours d’une option supplémentaire de 150 millions, ce qui pourrait porter l’opération à un milliard de dollars.

Les titres porteront un coupon de 0 %. Cipher n’aura donc pas à verser d’intérêt régulier, mais les obligations pourront être converties en actions selon des conditions qui ne sont pas encore détaillées. Cette perspective crée un risque de dilution future pour les actionnaires existants.

Une partie du produit servira à financer des opérations de « capped call ». Ces instruments sont destinés à réduire l’effet dilutif potentiel de la conversion, dans la limite d’un plafond. Le reste des fonds doit soutenir le projet Barber Lake, l’expansion des capacités de calcul haute performance et les besoins généraux de l’entreprise.

La réaction du marché a été sévère : l’action Cipher perdait 12,46 % à 11,38 dollars avant l’ouverture. À la clôture précédente, elle affichait déjà un recul de 11,92 % depuis le début de l’année. La chute traduit le coût perçu d’un financement massif par rapport à la taille du groupe et l’incertitude sur les modalités exactes de conversion.

Pour les investisseurs, le coupon nul est favorable à la trésorerie courante, mais ne rend pas le financement gratuit. Sa valeur économique se trouve dans l’option de conversion accordée aux porteurs. La création de valeur dépendra donc du rendement des investissements dans Barber Lake et le calcul haute performance. Si les nouvelles capacités génèrent des contrats rentables, l’émission peut accélérer la croissance ; sinon, l’augmentation du bilan et la dilution potentielle pèseront durablement sur la valeur par action.