Le changement climatique ne relève plus seulement d’un enjeu environnemental de long terme. Devant la commission de l’environnement du Parlement européen, le 10 septembre, Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l’a décrit comme une urgence économique et sécuritaire qui affecte déjà les populations, les entreprises et les infrastructures.

Les vagues de chaleur observées en Europe ont provoqué des perturbations dans plusieurs secteurs. La production, l’énergie, les transports et l’agriculture ont été touchés, avec des conséquences possibles sur la productivité, les chaînes d’approvisionnement et les prix alimentaires. Une estimation citée lors de cette intervention évalue à 180 milliards d’euros le coût des événements météorologiques extrêmes de l’été, soit environ un point de produit intérieur brut européen.

L’ONU relie également cette vulnérabilité à la dépendance aux énergies fossiles. Les renouvelables fourniraient désormais près de la moitié de l’électricité européenne. Sur les six premiers mois du conflit au Moyen-Orient, la production solaire aurait permis à l’Europe d’éviter plus de 30 milliards d’euros d’importations de gaz. À l’échelle mondiale, les investissements dans les énergies propres ont dépassé 2 000 milliards de dollars l’an dernier, soit deux fois les montants consacrés aux énergies fossiles.

Malgré cette accélération, les politiques actuelles conduiraient encore vers un réchauffement d’environ 2,6 degrés, loin de l’objectif de 1,5 degré fixé par l’accord de Paris. Simon Stiell appelle l’Union européenne à renforcer son action lors de la COP31, notamment sur la réduction du méthane, la sécurité alimentaire et l’adaptation des villes.