Le conflit soudanais, en cours depuis avril 2023, reste sans cessez‑le‑feu durable et largement occulté sur la scène internationale. The Economist, illustrant sa Une par un crâne au milieu des ruines de Khartoum, souligne l’impossibilité de condenser l’ampleur de la dévastation en un seul lieu ; l’agglomération comptait 7 millions d’habitants en 2023. Depuis plus de trois ans, les combats ont causé des dizaines de milliers de morts et des violations qualifiées de crimes de guerre et contre l’humanité.

La guerre est profondément internationalisée: les Forces armées soudanaises (SAF) bénéficient du soutien de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie, tandis que les Forces de soutien rapide (FSR) sont soutenues par les Émirats arabes unis. Ces appuis extérieurs compliquent toute issue politique et alimentent une dynamique d’escalade quotidienne entre nord/est (SAF) et ouest/sud (FSR).

The Economist avance deux pistes modestes d’espoir. D’une part, l’importance stratégique croissante du littoral soudanais, liée aux attaques houthies contre des pétroliers en mer Rouge et à la préoccupation de Riyad, pourrait rendre le soutien des Émirats aux FSR plus coûteux politiquement, ouvrant une fenêtre pour la pression diplomatique. D’autre part, les « avancées significatives » récemment réalisées par l’armée soudanaise sur le terrain pourraient lui conférer une position favorable pour négocier.

Malgré cela, l’hebdomadaire reste sceptique: les chances d’un cessez‑le‑feu restent minces et beaucoup de Soudanais craignent une « timeline somalienne », soit un conflit prolongé sans perspective de fin. Avec l’arrivée de la saison des pluies, qui pourrait temporairement atténuer les combats, The Economist plaide pour lancer « maintenant » une offensive diplomatique, avant que la fenêtre d’opportunité ne se referme.