Lancée le 24 juin par une décision des autorités ukrainiennes, la campagne de 40 jours a mobilisé des frappes à moyenne et longue portée ciblant prioritairement l’industrie pétrolière russe, des installations électriques et des infrastructures portuaires en mer Noire et en mer d’Azov. Les opérations ont progressivement élargi la liste des cibles aux navires et terminaux portuaires russes, puis à des entrepôts civils en Russie.
La riposte russe a été rapide et ciblée. Pour perturber la chaîne d’approvisionnement ukrainienne et la logistique militaire, la Russie a frappé à son tour des stations-service et le réseau ferroviaire ukrainien, détruisant ou endommageant près de 500 locomotives et détruisant plus de 300 stations-service dans l’est. Les attaques ont aussi visé massivement les capacités d’entreposage commerciales autour de Kyiv, annihilant environ 90 % des capacités de stockage selon les bilans évoqués.
Les conséquences économiques et logistiques sont lourdes : les terminaux d’exportation de céréales ont été détruits, réduisant drastiquement le trafic maritime des ports ukrainiens (de 7-8 navires/jour à environ un seul) et provoquant une chute des exportations de céréales estimée à 75 % début août sur un an. Des ateliers métallurgiques et infrastructures d’export se sont arrêtés faute de voies d’acheminement fonctionnelles.
Sur le plan militaire, la campagne a étendu le conflit sur le territoire russe mais sans provoquer le changement politique escompté ; elle a au contraire déclenché une intensification des frappes russes contre des cibles énergétiques et logistiques ukrainiennes. Financièrement, le recours massif aux drones et l’achat à prix élevé ont creusé le déficit du budget de la défense ukrainienne, aggravé par des prélèvements sur les réserves destinées au paiement des troupes.
Enfin, la situation sur le front intérieur ukrainien s’est détériorée : ravitaillement rendu difficile pour les unités de première ligne, rotations compromises et positions de longue durée exposant les soldats à des risques accrus alors que la puissance de feu russe demeure supérieure.


