Le cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle est devenu un déterminant majeur des marchés financiers, de la croissance, de l’inflation et du commerce mondial, selon CPR Asset Management. Le matériel informatique associé à l’IA représente désormais plus de 10 % des échanges mondiaux de biens, ce qui donne au secteur une influence macroéconomique bien au-delà des seules valeurs technologiques.

Les semi-conducteurs, et particulièrement les mémoires, sont au centre de cette dynamique. La construction accélérée de centres de données augmente fortement la demande, qui s’ajoute aux besoins traditionnels des fabricants d’ordinateurs, de smartphones et d’équipements médicaux. Cette concurrence pour les capacités de production a fait apparaître des pénuries.

CPR AM indique que le prix de certaines puces mémoire a été multiplié par plus de huit en un an. Le renchérissement ne reste pas cantonné aux composants : il peut se transmettre aux équipements électroniques, accroître les besoins de financement des opérateurs de centres de données et contribuer aux pressions inflationnistes. Le phénomène a d’ailleurs été mentionné dans le compte rendu de la réunion de septembre du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale.

Pour les investisseurs, cette situation soutient les fabricants exposés aux mémoires et aux équipements de production, mais elle augmente aussi les risques de cycle. Des prix élevés encouragent de nouvelles capacités, tandis qu’un ralentissement des dépenses d’IA pourrait rapidement modifier l’équilibre entre l’offre et la demande.

L’enjeu est donc de distinguer la croissance structurelle de l’IA d’une tension ponctuelle sur les prix. Les entreprises capables de convertir la demande en flux de trésorerie, sans dépendre d’hypothèses excessivement optimistes sur les volumes futurs, devraient être mieux placées si le cycle se normalise.