Au deuxième trimestre 2026, le taux débiteur global des établissements bancaires marocains a atteint 4,81%, contre 4,66% un an plus tôt, soit une hausse de 15 points de base. Ce renchérissement intervient alors que la banque centrale a conservé son taux directeur à 2,25% et que l’inflation reste maîtrisée, avec un recul de l’indice des prix à la consommation de 1% sur un mois et de 0,6% sur un an en juillet.

La hausse des taux à la clientèle s’explique d’abord par la structure de la demande de crédit : une part plus importante des nouveaux concours est orientée vers des segments intrinsèquement plus coûteux, tels que le crédit à la consommation et le financement de trésorerie des petites entreprises. Ce glissement de la composition des prêts fait mécaniquement monter la moyenne des taux pratiqués, même sans modification du coût central de l’argent.

Un deuxième facteur majeur est la tarification du risque. Les créances en souffrance s’élèvent à 102,3 milliards de dirhams, soit 8,3% du portefeuille de prêts. Face à ce niveau de défauts, les banques intègrent une prime de risque accrue dans leurs conditions commerciales, en particulier sur les segments moins garantis, ce qui pèse sur les taux appliqués aux emprunteurs.

Parallèlement, le crédit bancaire continue de croître, avec une distribution en hausse d’environ 5% ces derniers mois. Cette dynamique distingue les segments : le crédit immobilier conventionnel progresse faiblement (autour de 3%), tandis que la Mourabaha immobilière affiche une croissance annuelle de 16,7% et un encours de 31,5 milliards de dirhams à fin juin. L’évolution des taux restera un signal clé pour apprécier la capacité du système bancaire à soutenir l’investissement, qui avait augmenté de 16,3% en 2025.