L’économie française fait face à une accumulation de signaux défavorables qui nourrit les interrogations sur sa trajectoire. Une émission spéciale de Public Sénat réunit ces différents enjeux autour d’un entretien avec Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, avec une question centrale : la France peut-elle éviter à la fois une récession et une crise de confiance sur sa dette ?

Le diagnostic présenté associe plusieurs fragilités. La croissance ralentit alors que l’inflation repart à la hausse. Dans le même temps, le chômage progresse, l’investissement recule et le pouvoir d’achat est sous pression. Cette combinaison est délicate pour la politique économique, car elle réduit les marges de soutien à l’activité au moment même où les finances publiques sont déjà dégradées.

La dette constitue l’autre point de vigilance. Lorsque les investisseurs demandent une rémunération plus élevée pour financer l’État français, la charge d’intérêt augmente progressivement et absorbe une part plus importante des ressources publiques. Cette dynamique peut devenir auto-entretenue si le ralentissement économique réduit les recettes fiscales alors que les besoins de financement restent importants.

Pour les investisseurs, le sujet dépasse donc les seules statistiques de croissance. L’évolution des rendements souverains français, de l’écart de taux avec l’Allemagne et de la confiance dans la trajectoire budgétaire peut affecter les banques, les entreprises fortement endettées et plus largement la valorisation des actifs français. La capacité des pouvoirs publics à restaurer une trajectoire crédible sans accentuer excessivement le ralentissement sera déterminante.