L’Insee a abaissé à 0,4 % sa prévision de croissance pour la France en 2026, contre 0,7 % auparavant. L’économie a reculé de 0,2 % pendant l’hiver puis stagné au printemps, alors que l’activité restait mieux orientée en Allemagne, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni. L’institut décrit ainsi un écart de trajectoire inhabituel avec les principaux voisins européens.

Plusieurs freins se cumulent. La consommation privée reste peu dynamique et la consommation publique progresse moins vite que dans certains pays voisins. Les travaux publics ont subi un retournement lié notamment au cycle électoral municipal. Les vagues de chaleur ont aussi affecté l’agriculture, avec un effet évalué à 0,1 point de croissance sur l’année.

Le marché du travail est présenté comme plus dégradé qu’ailleurs en Europe, avec une hausse du chômage et des salaires peu dynamiques. Les finances publiques limitent parallèlement le soutien budgétaire, tandis que l’investissement se contracterait de 0,3 % pour les entreprises et de 1,3 % pour les ménages en 2026.

L’Insee anticipe néanmoins une légère amélioration, avec une hausse du PIB de 0,1 % au troisième trimestre puis de 0,2 % au quatrième. Ce mouvement resterait trop faible pour constituer un véritable rebond. Sur l’ensemble de l’année, la progression française serait environ trois fois inférieure à celle de ses voisins de la zone euro ou du Royaume-Uni.

Le pouvoir d’achat demeure un point sensible. L’inflation atteindrait 2,9 % en fin d’année, contre 2,4 % en août, et le pouvoir d’achat reculerait de 0,4 % sur l’année. La consommation des ménages ne gagnerait que 0,3 %, tandis que le taux d’épargne diminuerait à 17,3 % du revenu brut, après 17,8 % en 2025.