Le cumul emploi-retraite va devenir nettement moins favorable pour les personnes liquidant leur pension à partir de 2027. Deux décrets parus cette semaine précisent un dispositif qui modifie l’intérêt financier d’une reprise d’activité après le départ à la retraite. Les retraités déjà concernés par les règles actuelles conserveraient, eux, un cadre plus souple.

Le changement le plus pénalisant vise les départs avant l’âge légal, notamment certaines carrières longues. Dans cette situation, chaque euro gagné grâce à une nouvelle activité serait déduit de la pension l’année suivante. Le travail ne procurerait donc pas de revenu disponible supplémentaire, sauf particularité non couverte par cette règle. Pour un futur retraité, partir plus tôt tout en prévoyant de continuer à travailler pourrait ainsi perdre une grande partie de son intérêt économique.

Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul resterait possible, mais dans une limite annuelle de 7 000 euros brut de revenus professionnels. Au-delà, la pension serait réduite de la moitié du dépassement. Un revenu annuel de 15 000 euros dépasserait le plafond de 8 000 euros et entraînerait donc une diminution de pension de 4 000 euros l’année suivante. Cette mécanique impose de raisonner en revenu net global, et pas seulement en salaire ou chiffre d’affaires supplémentaire.

À partir de 67 ans, la pénalité disparaîtrait. Le retraité pourrait alors conserver sa pension et ses revenus professionnels sans cette réduction. Le gouvernement cherche notamment à inciter les actifs à différer la liquidation de leurs droits, ce qui réduirait à court terme la charge supportée par l’assurance vieillesse.

Certaines activités bénéficieraient d’exceptions. Le plafond de 7 000 euros pourrait être relevé ou supprimé, par exemple pour des professionnels de santé exerçant dans des déserts médicaux ou pour des assistants maternels. Les conditions exactes devront être vérifiées selon la profession et la situation personnelle.

Pour l’épargnant, la conséquence dépasse la seule retraite administrative. Une baisse attendue du revenu cumulé peut modifier le besoin de trésorerie, le calendrier des rachats d’assurance-vie, l’utilisation d’un PER ou la décision de conserver une épargne de précaution plus importante. Elle peut aussi rendre plus attractive la poursuite d’activité avant la liquidation définitive de la pension, plutôt qu’un départ suivi d’une reprise.

La principale limite tient à la situation individuelle. Âge légal, carrière longue, profession, montant de pension et revenus prévus produiront des résultats différents. Avant toute décision, une simulation annuelle intégrant fiscalité, cotisations et réduction éventuelle de pension devient indispensable.