Ce pourrait devenir l’une des opérations boursières les plus importantes jamais réalisées en Afrique.
La raffinerie de Lekki, située près de Lagos, prépare son introduction en Bourse. L’opération pourrait permettre de lever plus de 1,6 milliard de dollars, sur la base d’une valorisation approchant 50 milliards de dollars.
L’intérêt des investisseurs semble déjà considérable.
Un placement privé organisé avant l’IPO avait pour objectif initial de lever environ 1 milliard de dollars. Les souscriptions auraient finalement atteint 2,5 milliards de dollars, dépassant largement le nombre de titres disponibles.
Une raffinerie gigantesque
Le projet dépasse largement le cadre d’une simple introduction en Bourse.
La raffinerie a nécessité un investissement initial supérieur à 12 milliards de dollars et s’étend sur environ 2 500 hectares.
Sa capacité atteint entre 650 000 et 700 000 barils par jour, ce qui en fait la plus importante raffinerie du continent africain. Une centrale électrique de 480 mégawatts a même dû être construite pour alimenter le complexe.
Cette capacité pourrait profondément modifier l’économie pétrolière du Nigeria.
Le pays disposait historiquement d’importantes ressources pétrolières mais exportait une partie de son pétrole brut avant de réimporter des carburants raffinés. La nouvelle infrastructure lui donne désormais une capacité de raffinage susceptible de dépasser ses propres besoins.
Un test grandeur nature pour les marchés africains
L’IPO représente également un événement important pour les marchés financiers africains.
Une entreprise industrielle valorisée plusieurs dizaines de milliards de dollars pourrait attirer de nouveaux capitaux vers la Bourse de Lagos et accroître la visibilité internationale du marché nigérian.
Pour les investisseurs internationaux, l’opération rappelle également l’existence d’un thème d’investissement parfois peu présent dans les portefeuilles occidentaux : la croissance des infrastructures dans les économies émergentes.
Énergie, réseaux électriques, télécommunications, transports et logistique nécessitent encore des investissements considérables sur le continent.
L’IPO de la raffinerie Dangote pourrait ainsi devenir bien davantage qu’une simple opération financière : un test de l’appétit des investisseurs pour les grands actifs industriels africains.
